Evénements • 03.06.2026
Faut-il surveiller le CO₂, fluide frigorigène à faible GWP ?
Les fluides frigorigènes n’ont cessé d’évoluer au fil des décennies. Sous la pression de réglementations environnementales de plus en plus strictes et face à l’urgence climatique, les professionnels du froid sont amenés à revoir leurs choix techniques. Dans ce contexte, le CO₂ (R-744) attire de plus en plus l’attention.
Mais faut-il pour autant relâcher la vigilance ? La réponse est non.
Un point sur les grandes familles de fluides frigorigènes
Pour bien comprendre les enjeux actuels, rappelons d’abord les grandes familles de fluides frigorigènes :

Anciens fluides (ex. R12), responsables du trou dans la couche d’ozone aujourd’hui en grande partie résorbé, interdits depuis plusieurs décennies.

Moins nocifs que les CFC mais toujours polluants (ex. R22), interdits en Europe depuis 2015, avec une élimination aujourd’hui quasi-totale.

Ne détruisent pas la couche d’ozone mais ont un fort effet de serre (ex. R134a, R404A), usage limité progressivement

Nouvelle génération avec faible impact climatique (ex. R1234yf), remplacent les HFC
S’y ajoutent les fluides dits “naturels”, alternatives écologiques comme le CO₂ , le propane ou l’ammoniac, qui séduisent pour leur performance et leur plus faible impact environnemental. Mais chacun d’eux présente des contraintes spécifiques : inflammabilité, toxicité ou fonctionnement sous haute pression.
Réglementations : vers la fin des HFC
Longtemps utilisés pour leurs performances, les HFC (hydrofluorocarbures) sont aujourd’hui remis en question en raison de leur fort impact environnemental. En Europe, le règlement F-Gas impose une réduction drastique de l’usage des HFC d’ici à 2030, en limitant progressivement leur mise sur le marché. Aux États-Unis, l’AIM Act suit une logique similaire : elle encadre la production et la consommation des fluides en fonction de leur GWP. Ces dynamiques convergentes obligent les professionnels à s’adapter rapidement.
👉 Trouvez plus d’informations sur ces réglementations dans nos précédents articles : https://www.matelex.com/category/reglementations

Cette pression réglementaire s’accompagne également de contraintes économiques. Le prix de certains fluides HFC comme le R-404A ou le R-507A a fortement augmenté ces dernières années. Cette inflation est liée à leur raréfaction progressive et à la complexité de leur gestion, ce qui pousse les acteurs du secteur à envisager des alternatives plus pérennes, tant sur le plan environnemental qu’économique.


Le CO₂, une solution technique à double facette
Dans ce contexte, le CO₂ s’impose comme une réponse crédible et stratégique. Fluide plus naturel, non inflammable, non toxique et au GWP quasi nul, il présente des atouts indéniables. Pour les utilisateurs finaux, choisir le CO₂ permet d’échapper aux quotas et interdictions liés aux HFC, ce qui renforce l’intérêt de cette solution sur le long terme. L’image écologique du fluide s’ajoute à ces considérations stratégiques, rendant son adoption particulièrement attractive.
Cette transition est déjà en marche dans de nombreuses enseignes. Et avec elle viennent de nouvelles questions d’exploitation, auxquelles le secteur apprend progressivement à répondre. Parce que malgré son côté attractif, le passage à un fluide à plus faible GWP/PRG ne supprime pas les risques techniques. La supervision reste donc indispensable :
- Sécurité des personnes : Le CO₂ est incolore et inodore. En cas de fuite, il remplace l’oxygène (risque d’asphyxie).
- Hautes pressions : Les pressions élevées augmentent le risque de fuites majeures, entraînant l’arrêt de la production et la rupture de la chaîne du froid.
- Performance énergétique : Optimisation du rendement, particulièrement lors des pics de chaleur estivaux où la consommation peut dériver.
- TOUS les fluides frigorigènes présents dans une installation doivent y rester pour éviter des performances dégradées, risques d’arrêts de production.
Une fuite non détectée ou mal réparée peut entraîner une surconsommation importante et des dysfonctionnements. Voici un exemple observé sur une installation au CO₂, supervisée via PolarVisor :

Ces courbes montrent des variations importantes du niveau de fluide frigorigène sur une installation CO₂, suite à une fuite déclarée.
Chez Matelex, nous avons pris en compte cette évolution. Nos solutions de surveillance et d’optimisation, notamment la PolarBox et le PolarVisor, sont entièrement compatibles avec les installations au CO₂. Elles permettent de suivre en temps réel les performances de vos équipements, de détecter les anomalies de fonctionnement, et de réduire les consommations énergétiques et les fuites, quels que soient les fluides utilisés.

La répartition des fluides supervisés par Matelex reflète bien les tendances actuelles du marché :
- Les fluides de remplacement comme le R-448A ou le R-449A restent majoritaires (près de 60 %), traduisant une volonté du marché de limiter l’impact environnemental tout en conservant des équipements existants.
- Le CO₂ représente actuellement 7,6 % des installations suivies. Bien que cette part reste minoritaire, elle est en progression constante. Cette évolution traduit un intérêt croissant pour ce fluide, notamment en réponse aux évolutions réglementaires et aux attentes environnementales du secteur.
Les professionnels du froid et utilisateurs finaux ont bien compris l’intérêt de superviser ces centrales CO₂. Bien qu’elle ne soit pas imposée par la réglementation, la supervision leur permet de limiter les impacts liés aux fuites de fluide frigorigène : surconsommation énergétique (synonyme de facture plus élevée), performances dégradées, et surtout, arrêts de productions qui entraineraient de la perte de marchandise.
La solution Matelex ne se limite pas à éviter les incidents. Elle donne aussi à ses utilisateurs une vision claire du fonctionnement réel de leur installation, pour le suivre, le comprendre, et l’optimiser en continu.
Ainsi, le CO₂, bien qu’échappant aux restrictions liées au GWP, n’est pas exempt de contraintes techniques. En période estivale notamment, ses performances peuvent être mises à l’épreuve. Pour sécuriser les installations, maîtriser les consommations et garantir un bon rendement énergétique, une surveillance continue du COP et de l’énergie consommée reste indispensable.
C’est dans cette logique que les outils de supervision prennent tout leur sens, en permettant un suivi précis des dérives, une détection rapide des fuites et une optimisation durable des installations, sans attendre que les problèmes deviennent visibles.
Les solutions de supervision Matelex (PolarBox et DNI) sont compatibles avec tous les fluides frigorigènes. Vous changez de fluide ? Nous réinitialisons la configuration de vos équipements pour vous permettre de l’adapter à vos nouvelles centrales CO₂ ou HFO :